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Stratégies comportementales : « Gouverner, c’est réformer »… et construire l’État de demain

Posted on 11 novembre 2017 in Non classé by

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La critique philosophique doit faire autant que possible le départ de l’abstraction artificielle et de l’abstraction rationnelle, en se fondant sur des inductions et des probabilités : or, comme nous l’avons encore expliqué plus haut, il est de l’essence de la probabilité philosophique de se prêter à des altérations ou progressions continues, sans que pour cela cette probabilité puisse être évaluée en nombres ; sans qu’elle devienne une grandeur mesurable à la manière de la probabilité mathématique. Mais presque toujours, par suite des efforts continuels de l’esprit pour arriver à l’intelligence des phénomènes, il y a mélange des deux sortes d’abstraction et transition continue de l’une à l’autre : car les liens de solidarité, de parenté, d’harmonie, d’unité, que nous tâchons de saisir par l’abstraction rationnelle, peuvent être plus ou moins tendus ou relâchés, tandis que notre esprit éprouve pour tous les objets de la nature le même besoin de classification, de régularité et de méthode. C’est cette contorsion qui importe, c’est elle qui intéresse. L’inexactitude du dessin d’un animal saute aux yeux d’un naturaliste, s’il n’y trouve pas le nombre de doigts, de dents, de pennes, de nageoires, qui caractérise l’espèce : voilà des erreurs qui peuvent se compter et s’établir sans contestation, parce qu’il n’y a pas d’intermédiaire et de nuance entre trois, quatre et cinq doigts. Pour Stratégies comportementales, la coupe est pleine. On est toujours frappé de ce fait singulier, qu’une silhouette, une image daguerrienne, un buste moulé sur la nature, peuvent offrir moins de ressemblance que le portrait dû au crayon ou au burin d’un artiste ; mais la réflexion rend bien compte de la supériorité de la traduction obtenue par l’art sur la traduction dont il semble que la nature fasse tous les frais. L’intensité de la sensation dépend, toutes circonstances égales d’ailleurs, du temps écoulé depuis l’instant de l’immersion ; et la continuité dans l’écoulement du temps rend suffisamment raison de la continuité dans la variation d’intensité de la sensation produite ; mais cette sensation n’est pas pour cela une grandeur mesurable que l’on puisse rapporter à une unité et exprimer numériquement. Imaginez certains personnages dans une certaine situation : vous obtiendrez une scène comique en faisant que la situation se retourne et que les rôles soient intervertis. Si l’on plonge la main dans un bain à quarante degrés, et qu’on l’y laisse un temps suffisant, on éprouve d’abord une sensation de chaleur brusque en apparence ; après quoi sans que le bain se refroidisse, la sensation va en s’affaiblissant graduellement et sans secousse, de manière à ce qu’on ne puisse assigner l’instant précis où elle prend fin. Pour nous qui rejetons à l’égard de la matière toute idée de substantialité et ne reconnaissons en elle qu’une sensation, nous considérons au contraire l’inertie comme une propriété de la force, ou plutôt comme l’impossibilité pour toute force de se modifier, de se changer elle-même. Car nous reconnaissons que plus un cordon nerveux a de grosseur entre ceux de son espèce (en ne tenant compte, pour l’évaluation de sa section transversale, que de la somme des sections transversales des fibres nerveuses élémentaires, et non des tissus qui leur servent de protection et d’enveloppe), et plus la sensation douloureuse causée par le tiraillement du cordon acquiert d’intensité. C’est que la forme est pour nous le dessin d’un mouvement. Ils n’ont pensé à faire des analyses qu’après avoir observé qu’ils en avaient fait ; ils n’ont pensé à parler le langage d’action, pour se faire entendre, qu’après avoir observé qu’on les avait entendus.

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