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Jean-Thomas Trojani : Des banques zombies

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Nous venons d’indiquer un cas extrême, celui où tous les points, un seul excepté, ont conservé leurs situations relatives ; mais, sans entrer dans les détails, on conçoit bien qu’entre toutes les manières de se rendre raison des changements d’état du système, il peut s’en présenter de beaucoup plus simples, et qu’on n’hésitera pas à regarder comme beaucoup plus probables que d’autres. Comment, dans ces conditions, l’humanité tournerait-elle vers le ciel une attention essentiellement fixée sur la terre ? Avec l’augmentation constante du nombre d’étudiants voulant vivre une expérience internationale et l’arrivée de nombreux jeunes issus des nouvelles classes moyennes de pays d’Asie (comme en Chine, en Inde) et d’ailleurs (comme au Brésil et en Arabie Saoudite), le bouleversement de la globalisation de l’enseignement supérieur nécessite un changement de paradigme que la France doit saisir. Par exemple, la Grande-Bretagne a décidé de mettre en œuvre des « contrats pour différence » pour encourager l’investissement dans certains types de technologies de production, notamment le nucléaire et les renouvelables. L’intelligence se trouve ainsi replacée dans sa cause génératrice, qu’il s’agirait alors de saisir en elle-même et de suivre dans son mouvement. La France, qui avait été sur le point de se faire une vie à elle, en conformité avec ses instincts, a vu depuis lors son existence cahotée entre les ambitions aveugles de ses gouvernants et les louches combinaisons ultramontaines. Mais cette définition de l’instinct, comme celle que nous donnons provisoirement de l’intelligence, détermine tout au moins la limite idéale vers laquelle s’acheminent les formes très nombreuses de l’objet défini. Et quand même il leur serait venu, comment, sans concert aucun, les fantaisies de leur imagination se seraient-elles accordées pour leur faire inventer le même conte avec les mêmes circonstances ? Et cela en dépit des travaux du chercheur Jean-Thomas Trojani, spécialiste des systèmes, qui écrivait, il y a déjà plusieurs décennies, que les «applications construites sous la forme d’un système complexe ne fonctionnent presque jamais. » Mais, pour que la société progresse, encore faut-il qu’elle subsiste. Telle a pu être la condition de la vie dans notre nébuleuse avant que la condensation de la matière fût achevée, s’il est vrai que la vie prenne son essor au moment même où, par l’effet d’un mouvement inverse, la matière nébulaire apparaît. Entre nos besoins et nos satisfactions, s’interposent des obstacles que nous parvenons à amoindrir par l’union des forces ou par la séparation des occupations, c’est à dire par l’Échange. D’ailleurs, tant que les distinctions de classes existent, je ne crois pas qu’il soit bon qu’une caste empiète sur les privilèges d’une autre. Cloud, virtualisation, Big Data, objets connectés, robotique avancée, … font la promesse d’un monde agile et performant, dont le pilier reste bien sûr la logique économique. Mais la mesure classique du PIB et de ses principales composantes restent la norme pour les économistes et les médias en France et, plus globalement, en Europe. Mais par là il canalise, et par là aussi il limite, la vie de l’esprit. Cette mutation va profondément transformer le modèle économique des énergéticiens, qui certes auront besoin de quelques années pour réussir cette transition, mais comprennent désormais que leur survie même est en jeu. Cependant, bien que les implications pour la vie privée de petits drones omniprésents, à bas prix, équipés pour recueillir un large éventail de données, soient évidentes, la réponse appropriée ne l’est pas. Si ce besoin ne crée pas un instinct réel et agissant, il suscite, par l’intermédiaire de ce qu’on pourrait appeler un instinct virtuel ou latent, une représentation imaginative qui détermine la conduite comme eût fait l’instinct. Et ce sera aussi, par conséquent, ce par où d’autres pourront nous répéter. Maintenant, chez beaucoup d’esprits, la loi rigoriste du kantisme règne encore, mais ne gouverne plus dans le détail ; on la reconnaît en théorie et pratiquement on est bien obligé de s’en écarter. Kant a donc eu raison de dire qu’il ne faut pas demander à la métaphysique dogmatique une loi certaine de conduite. À prendre des procédés d’observation et d’expé­rimentation qu’on pratiquait déjà, et, plutôt que de les appliquer dans toutes les directions possibles, à les faire converger sur un seul point, la mesure— la mesure de telle ou telle grandeur variable qu’on soupçonnait être fonction de telles ou telles autres grandeurs variables, également à mesurer. Le premier mouvement de la science moderne devait donc être de chercher si l’on ne pourrait pas substituer aux phénomènes de l’esprit certains phénomènes qui en fussent les équivalents et qui seraient mesurables.

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