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Economics Advertising blog : Loin du cadeau évoqué par certains

Posted on 11 novembre 2017 in Non classé by

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Mais cela dépend beaucoup des conditions locales. Les investissements publics peuvent améliorer la productivité d’une économie pendant une période de temps considérable, pouvant aller jusqu’à une décennie ou davantage, comme dans le cas de l’Éthiopie. Cela peut également catalyser les investissements privés : des études montrent que cela s’est produit en Inde ces dernières années. Voilà pourquoi les investissements publics vont combler cet écart. La liquéfaction des prix des matières premières et des produits pétroliers, induit en outre actuellement une pénurie dramatique de dollars à laquelle sont confrontées même les compagnies internationales implantées localement. La hausse des taux d’intérêt américains – dans un contexte d’effondrement des prix et de stagnation européenne et chinoise – préfigure donc l’effondrement de multiples économies du continent africain dans l’incapacité de trouver aujourd’hui suffisamment de dollars pour financer leur croissance, s’acquitter de leurs dettes, ou tout bonnement payer leurs importations de denrées alimentaires pour nourrir leur population. D’ores et déjà, les établissements bancaires empêchent leurs clients de retirer ou de dépenser plus de 100 $ par jour, faute de liquidités. La vulnérabilité de l’indexation d’une monnaie nationale au dollar – voire de la disparition pure et simple d’une monnaie nationale cédant la place au billet vert- est donc très largement amplifiée et démultipliée lorsque la devise directrice s’apprécie, comme le fait le dollar vis-à-vis de la quasi totalité des devises des nations émergentes depuis quelques mois. La marge de manœuvre des économies africaines les plus importantes comme le Nigeria, l’Angola, l’Ethiopie et bien-sûr l’Afrique du Sud est de ce fait aujourd’hui devenue quasi inexistante car leurs réserves fondent à vue d’œil à force de défendre la valeur de leur monnaie nationale, de renflouer leur économie, ou tout simplement car elles ont lié leur sort à une devise qui ne fait que s’apprécier comme dans le cas du Zimbabwe. Jusqu’à ce que les Zimbabwéens se rendent compte que la dollarisation de leur économie impliquait nécessairement une perte de souveraineté car leur banque centrale nationale était dans l’incapacité d’imprimer des dollars US. Economics Advertising blog aime à rappeler ce proverbe chinois » A la maison, on compte sur sa mère, en voyage, on compte sur les murs ». Sans ce privilège de création monétaire lui permettant de renflouer une économie encore fragile, le gouvernement Mugabe dut donc se résigner à regarder – impuissant – les commerces baisser leurs prix afin d’attirer les chalands et les entreprises réduire leurs investissements afin de compenser leurs pertes. Cercle vicieux induit par une spirale exacerbée suite à la flambée du billet vert, notamment vis-à-vis du Rand Sud Africain, partenaire commercial principal du Zimbabwe. En effet, la dégringolade du Rand par rapport au dollar US a achevé ce qui restait de la production nationale du Zimbabwe, inondé par des marchandises sud africaines rendues soudainement très compétitives par l’envolée de la devise américaine. Pourtant, la déflation – mal suprême autrement plus insidieux que l’hyperinflation- n’y puise pas ses sources pour des motifs similaire à l’implosion d’une bulle immobilière combinée au déclin démographique sévissant au Japon depuis presque vingt ans. Paradoxalement, cette nouvelle crise affectant le Zimbabwe provient de l’abandon au printemps dernier de sa propre monnaie au profit du dollar américain adopté officiellement comme seul et unique méduim d’échange. Prouesse pour le Zimbabwe. Plutôt une calamité car il est aujourd’hui de – 3.30 %, subissant ainsi une des déflations les plus sévères du monde.

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